Des Soins pour les Très Vieux Arbres : principes et pratique - Robert Bourdu

20112009

Des Soins pour les Très Vieux Arbres

De Robert Bourdu, 160 pages.
Au prix de 24€, lien libraire ici.

Les très vieux arbres possèdent une valeur souvent inestimable, tant ils évoquent parfois des souvenirs familiaux, régionaux et même nationaux. Ils méritent de ce fait des égards particuliers. Leur sauvegarde pose toutefois des problèmes bien spécifiques qui font l’objet de cet ouvrage. Robert Bourdu nous livre ici la synthèse d’une vie largement consacrée à ce sujet.

La première partie du livre intitulée « Comprendre », fait le tour des caractéristiques des très vieux arbres et des agressions auxquels ils sont soumis. Ces caractéristiques sont importantes à prendre en compte pour pouvoir leur donner des soins appropriés.

La deuxième partie, intitulée « Agir », est plus pratique. Chaque cas étant unique, on n’y trouvera pas de recettes toutes faites, mais des propositions raisonnées, en considérant l’arbre non seulement sous son aspect biologique, mais aussi sous l’angle de ses relations avec l’environnement humain.
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Robert Bourdu, né en 1924, est professeur de physiologie végétale. Il a travaillé à partir de 1951 au CNRS avant d'être nommé à la faculté de sciences d'Orsay, en 1964. Il dirige également un laboratoire de recherche sur la structure et le métabolisme des plantes. C'est dans ce cadre que Robert Bourdu a été amené à s'intéresser à la sénescence des arbres, puis à mettre en oeuvre un inventaire national des arbres remarquables (président d'honneur de l'association A.R.B.R.E.S.) et près de trois mille ont été recensés à ce jour.
Auteur de nombreux livres sur les arbres dont : Arbres souverains, Arbres de mémoire, Ces arbres qui font la France, Histoire de France contée par les arbres




Platane du parc du Fresne, Savennières (Maine-et-Loire)

20112009

Gilles nous emmène à la rencontre du fameux platane de Savennières.

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“Voici la plus vaste tonnelle de l'Anjou.  20 à 25 mètres de haut, Un feuillage qui couvre une surface de 40 mètres de diamètre soit environ 1300m² ! Il faut dire qu'il triche, ce platane, car il possède trois troncs dont chacun peut faire figure d'arbre remarquable. Alors que dire de l'ensemble ?” (clic les photos)

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“Il s'agirait en fait de deux sujets distincts. Le plus imposant possède un tronc double qui mesure une quinzaine de mètres au sol et se dédouble à environ 1m30. A cette hauteur, l'ensemble présente 12m60 de circonférence et on trouve 6m60 et 7m90 pour les deux troncs. Le plus gros possède une charpentière quasi horizontale qui, de part son volume, pourrait aisément faire office de quatrième tronc.”

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“Le deuxième arbre mesure 6m70 à 1m30 ce qui est déjà en soi impressionnant.”

le parc du Fresne occupe un emplacement qui appartenait au fief de la Guerche, manoir seigneurial connu depuis le XIIe siècle. Mais en l'absence de document suffisamment explicite, l'âge des platanes n'a pu être précisément déterminé. Toutefois, si l'on compare les dimensions indiquées ci-dessus à celles des plus gros arbres de France, on peut faire un rapprochement avec le platane de Santenay (Yonne) planté sous Henri IV (1599). Pour le moins, ces arbres peuvent avoir été plantés au XVIIIe siècle, période de son introduction dans les parcs.” (selon le panneau que j'ai trouvé sur place)

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“Selon moi, il doit avoir environ 250 ans. D'autant que les bases des troncs me semblent un peu boursouflées par rapport au diamètre des fûts à mi-hauteur. Sans doute une réaction pour résister aux flexions énormes imposées par les houppiers.”

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Le vieux chêne d’Aynac (Lot)

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Julien s'est rendu dimanche dernier à Aynac auprès d'un vieux chêne sénescent.

“Ce vieux bonhomme se situe sur une butte qui est visible depuis la route qui mène à Figeac. Il est isolé ce qui explique les dégradations qu'il a subi à cause des impacts de foudre, on peut aussi observer des galeries de capricornes.” (clic les photos)

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“Son âge exact n'est pas connu mais je le situerais vers 400 ans, je vais essayer d'avoir une date précise auprès de la mairie. Il a une circonférence de 6,06 mètres à 1m30 du sol et une hauteur assez modeste d'environ 11 mètres, ce qui peut être expliqué par le fait de sa situation isolée, et visiblement la nature ne l'a pas épargnée comme beaucoup d'autres de ses congénères ; il me fait un peu penser à celui de la fontaine de Girgoulet [1] et les deux carcasses me semblent assez contemporaines.”

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localisationcheneaynac.jpeg“Pour allez le voir il faut emprunter la petite route qui monte vers les habitations qui sont en rénovation, sur le bord du chemin on peut observer des petites pierres empilées qui mènent jusqu'au chêne, ce qui rajoute du mystère au lieu. Sur quelques photos on peut observer au fond le château d'Aynac avec un objectif futur : le séquoia.”

Merci pour la découverte de ce vieux quercus Julien, un âge avancé et un état de santé général inquiétant… C'est un vieux chêne en fin de vie qui doit ravir les insectes et les oiseaux du quartier. A priori sa situation ne le rend pas dangereux pour les voitures, j'espère que la municipalité le laissera debout jusqu'à la fin de ses jours. 




Irminsul, l’arbre du monde des Saxons

18112009

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Dans la mythologie des Saxons existe un arbre-monde que l'on peut rapprocher d'Yggdrasil. Ce pilier du monde qu'est Irminsul était soit un arbre géant, ou peut-être une énorme colonne. À la fois symbole de la résistance du paganisme saxon et lieu de réunion des Païens qui lui apportaient une offrande après chaque victoire, Irminsul fut coupé ou abattu en 772 sur l'ordre du roi des Francs. Charlemagne se moquait des croyances païennes des Saxons selon laquelle Irminsul empêchait le ciel de leur tomber sur la tête.

Pendant longtemps j'ai recherché de bons documents sur Irminsul, l'arbre-monde des Saxons. Bien souvent cet arbre n'était que peu décrit, juste quelques lignes pour l'évoquer… Mais c'était sans compter sur ma persévérance ! Trouvé une étude universitaire richement documentée, que je vous invite à lire si vous vous souhaitez approfondir ce mythe.

Patrick Guelpa est spécialiste de la littérature islandaise et maître de Conférences habilité à l'université Charles de Gaulle, Lille. Texte de 23 pages à télécharger en .pdf, par ici. (Notes et bibliographie en fin d'article)

Introduction

Qui étaient les Saxons ? En fait, les Saxons ne sont pas les Saxons ! Les descendants des Saxons de l'Histoire ne sont pas les Saxons d'aujourd'hui, les habitants du Land de Saxe (Sachsen). Ce sont les habitants du Land de Basse-Saxe (Niedersachsen). Donc les Saxons qui nous intéressent ici sont les ancêtres des habitants de la Basse-Saxe.

La destruction de l'Irminsul par Charlemagne par Heinrich Leutemann.1882Irminsul, mot qui se retrouve en vieux-saxon et en vieux-haut-allemand, signifie « énorme colonne ». Il se rencontre dans les annales franques à propos de la campagne de Charlemagne contre les Saxons en 772, année où l'empereur s'empara de la forteresse d'Eresburg et la détruisit.

Irminsul, Sanctuaire des Saxons païens ; détruite lors de la campagne de Charlemagne de 772 contre les Saxons après la prise de l'Eresburg. L'Irminsul avait la forme d'un tronc d'arbre qui ressemblait à une colonne et représentait sans doute la colonne cosmique qui soutient la voûte céleste. [1]

C'est Ptolémée d'Alexandrie qui mentionne les Saxons pour la première fois vers 150 Ap. J.-C. et il les situe « sur la nuque de la péninsule des Cimbres » [2], qui pourrait être la partie occidentale du Holstein. [3]

Ils ne constituent pas une tribu, mais leur nom « s'applique à des compagnonnages comparables au comitatus du temps de Tacite. Les auteurs classiques parlent des Saxons en des termes qui évoquent pour nous les manières des Vikings. Les Saxons étaient des pirates qui infestaient la Mer du Nord et la Manche ; pour se protéger contre eux, les Romains ont dû créer le litus saxonicum « littoral saxon »), que précisément l'on peut comparer au système de défense institué par Charlemagne, quelques siècles plus tard, contre les incursions des vikings. » [4] Alors que dans le cas des Francs on est dans l'impossibilité de dire si leur nom provient de leur arme (la framée) ou bien si le nom de l'arme est à l'origine du nom de la tribu, pour les Saxons, il semble que l'arme soit l'éponyme. [5]
On peut fixer grosso modo les limites du territoire des Saxons à l'époque de Charlemagne : entre le Vie et le Xe siècle, les Saxons occupent une vaste portion de la Germanie entre l'Elbe et le Rhin allant jusqu'au centre des Pays-Bas.

Irminsul, l'Arbre du Monde des Saxons ?

On a voulu voir dans le premier élément du mot, Irmin-, le nom d'un dieu germanique, Hirmin ou Irmin vénéré par la peuplade des Herminones dont nous parle Tacite (Cf Germania, chapitre 2) et correspondant au germanique *Thvaz (vieux-haut-allemand Z/w/vieil-islandais Tyr), mais la philologie rend nettement plus probable l'interprétation d'« énorme colonne ». [6] Les (H)erminones, à en croire Jan de Vries, auraient « certainement joué un rôle considérable […] dans la création du peuple saxon. » [7]. Adam de Brème, archevêque de Hambourg et responsable de la christianisation du Nord, écrit vers 1080 à propos du grand temple païen d'Uppsala, en Suède :

Près de ce temple se trouve un arbre gigantesque qui étend largement ses branches ; il est toujours vert, tant en hiver qu'en été. Personne ne sait quelle sorte d'arbre c'est. [8]

L'image de l'Arbre du Monde en milieu germanique réapparaît en Scandinavie dans la mythologie nordique avec Yggdrasill, le frêne cosmique et dans le sud de la Germanie chez les Saxons, dont Widukind nous dit qu'une colonne en l'honneur de Mars a été érigée pour célébrer la victoire sur les Thuringiens. [9]
On sait que l'Arbre cosmique de la mythologie nordique, Yggdrasill, est un frêne (Edda en prose de Snorri Sturluson : Gylfaginning chap. 19 et 47, Edda Poétique : Grimnismâl 29-30, Vôluspà 47), mais on a pensé aussi à un if [10] ou à un chêne (cf. Adam de Brème [11]). Le chêne symbolisait aussi la religion païenne des anciens Germains du continent, donc des Saxons, et il est fort probable qu'Irminsul ait été un chêne, vu que Simek parle du

chêne abattu au début du Ville siècle à Geismar par le missionnaire Saint Boniface [la scène se passe en 723 ; ce chêne, consacré à Donar = Thôrr, se trouvait dans les environs de Geismar, près de Fritzlar [12], en Hesse et à mi-chemin entre Fulda et Paderborn ] et qui était désigné sous le vocable de rubor Jovis (chêne de Jupiter = Thôrr). On suppose qu'il était consacré à Thôrr. Autrement, le chêne chez les anciens Germains n'était nullement l' «arbre sacré » ainsi que des ethnologues modernes ont voulu le faire croire ; [13]

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Les ifs de l’église, Missiriac (Morbihan)

18112009

Il y a quelques temps, j'avais reçu un courrier avec quelques photos me dévoilant la présence de deux ifs devant l'église de Missiriac dans le Morbihan. Mais les clichés étaient arrivés sans mesures de circonférence, contact est pris avec la municipalité qui vient de me renvoyer les données. (clic les photos)

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Il s'agit de deux “jeunes” arbres, circonférence à 1.50m du sol 3,80 et 3.10 mètres.

Merci pour la découverte de ces deux ifs Alice, car même s'il n'ont pas atteint des âges records comme certains présentés sur le blog,  ces deux ligneux ont déjà dépassé les deux siècles d'existence. Et puis il faut avouer qu'ils encadrent admirablement cette petite église, et qu'ils la veilleront peut-être encore pendant 1000 ans..?

Alice se raconte sur son blog, alors rendez-lui une petite visite, par ici

La commune de Missiriac se dévoile aussi sur un blog, faites donc un tour, c'est par .